Porté sur les fonts baptismaux le 24 mars 2018 à Djeffa dans une liesse populaire, l’Union sociale libérale tombe progressivement dans les profondeurs de l’oubli. Le parti de Sébastien Ajavon traverse depuis peu une situation alambiquée avec à la clé le départ massif de ses hommes à quelques semaines du scrutin communal projeté pour le 17 mai 2020.
La conquête du pouvoir est la mission cruciale d’un parti politique régulièrement constitué. Cet impératif semble échappé à l’Union Sociale Libérale qui à sa naissance, était porteur d’espoir. Créé tambour battant avec fracas dans une liesse populaire, la vague bleue est réduite au silence ou devenue quasi-inexistante sur l’échiquier politique national. Le parti est manifestement éprouvé et contraint de faire face aux impondérables de la politique. Qu’est devenue l’idéologie du parti basée sur trois piliers : « garantir les libertés, consolider le rôle de l’Etat et assurer le soutien aux plus défavorisés ?  Qu’est-devenue aussi cette phrase lancée par Sébastien Ajavon lors de la création de son parti, comme pour dire que plus rien ne sera comme avant : « notre pays va mal et nous ne devons pas rester les bras croisés » ? Près de deux ans après, le parti peine à s’affirmer et fait du surplace.
Descente aux enfers du leader charismatique
Avant la création de son parti, Sébastien Ajavon semble avoir rompu les amarres avec Patrice Talon qu’il a soutenu lors du 2ème tour de l’élection présidentielle. La pomme de discorde est la découverte au Port de Cotonou de 18kg de cocaïne pure dissimilées dans l’un des conteneurs de Cajaf Comon appartenant à Sébastien Ajavon, quelques mois seulement après la présidentielle. Interpellé le 28 octobre 2016 après sa conférence de presse, le magnat de la volaille a passé huit jours en garde-à-vue. Les conseils de l’homme ont dénoncé une détention arbitraire. Il s’en est suivi une bataille judiciaire. Condamné au vu et au su de tous à 20 ans de prison assorti d’amende, Sébastien Ajavon vit en exil depuis peu.
Disparu des radars, le roi des produits congelés a fait son apparition à l’occasion de la commémoration du 30è anniversaire de la conférence des forces vives de la Nation où il déclarait que les libertés individuelles sont en constant recul et l’exclusion politique est devenue un mode de gouvernance au Bénin.
USL : quid de la conquête du pouvoir ?
Le parti Union Sociale Libérale a assisté impuissant en qualité de spectateur dépité à l’image de bien d’autres partis au scrutin législatif d’avril 2019. La formation politique de Sébastien Ajavon n’était pas en règle vis-à-vis des nouvelles dispositions et les textes électoraux. Il rate ainsi le premier scrutin devant évaluer son ancrage et son occupation du territoire national. Le parti sera également absent aux élections communales et municipales projetées pour le 17 mai 2020 pour n’avoir pas obtenu son récépissé définitif. Là où le bât blesse, le parti se vide progressivement de sa substance. Cadres et responsables à divers niveaux, militants des premières heures, sympathisants inconditionnés du parti, tous ne jurent que par la mouvance présidentielle en dehors d’une poignée qui bon gré mal gré restent collés à leur conviction mise à rude épreuve.
A cette allure, il est à redouter le sort de l’Union pour un Bénin Futur (UBF) qui, après une période de gloire a sombré dans l’oubli puis rangée dans les annales de l’histoire politique du Bénin.


Thursday January 01, 1970