Des paroles aux actes. Quatre ans après avoir pris le pouvoir d’Etat, le candidat Patrice Talon a-t-il pu rester fidèle à ses promesses électorales ? L’ancien ministre Sylvain Akindes apprécie la question et livre le bilan qu’il fait de son soutien à la candidature de l’actuel Président de la République. 
Dans son programme soumis aux Béninois, Patrice Talon a pris des engagements précis qui ont pu inspirer ses compatriotes à porter leurs voix sur sa candidature et à inviter les Béninois à en faire de même. C’est le cas par exemple de l’ancien ministre du Général Mathieu Kérékou, Sylvain Akindes qui, 4 ans après son soutien au candidat Patrice Talon, a décidé de faire le bilan pour voir si le choix fut meilleur. Cet exercice, l’ancien ministre de la République entend le faire en plusieurs parties. Il publiait en effet sur sa Page Facebook en Janvier 2016 avant le lancement des campagnes électorales que le candidat qui aura son vote devra s’engager à organiser une véritable concertation nationale en s’inspirant de l’approche adoptée pour la Conférence Nationale de février 1990. Cette concertation portera sur l’application qui a été faite du texte et de ses insuffisances qui ont permis les dérapages largement décriés.
Les points spécifiques, à l’étape actuelle, ne peuvent qu’être vaguement évoqués ; ils ne peuvent être exhaustifs. Mais le candidat doit en donner un aperçu assez significatif.
Les autres critères ne peuvent qu’être fortement en corrélation avec le contenu de la loi fondamentale.
C’est dans cette attente qu’il lui fut proposé « Le Nouveau Départ« . Un projet de société qui fait le diagnostic des maux du pays et propose des solutions sous forme de réforme institutionnelle et politique. Un programme de société qui a suscité son alignement. Ce document, rappelle-t-il,  commence par l’affirmation que voici : « Notre pays va mal sur tous les plans. Cependant, nous sommes capables de renverser cette tendance et de vaincre la fatalité. Pris individuellement, les Béninois sont remplis de talents et de dynamisme. Une équipe de dirigeants bien inspirés et compétents serait donc capable de mettre en œuvre avec succès un programme de relance rapide de notre développement dans un environnement apaisé de démocratie et de liberté. C’est fort de cette conviction que je soumets à votre attention, chers compatriotes, les grandes lignes de mon programme pour le quinquennat 2016-2021. Ce sera le Nouveau Départ « .  Il s’agit d’une affirmation que nous avions prise pour une confiance dans les compétences des béninois. Avions-nous tort, mal compris sa signification ? C’est possible et nous ne demandons qu’à nous en convaincre pour accepter notre manque de perspicacité dans la lecture de cette affirmation. Que peu de temps après son élection, nous entendions notre Président affirmer devant toute la planète que notre pays était «un désert de compétences» fut pour nous une première surprise de taille, s’agissant d’un pays jadis qualifié de «quartier latin de l’Afrique», à tort, nous en convenons. Mais nous pensions que c’était peut-être pour les mêmes raisons que nous. Mais le dire en sortant d’une rencontre avec le Chef de l’Etat français semblait bien saugrenu. La pratique a révélé qu’il s’agissait de la préparation des esprits à accepter des appels à des cadres non béninois pour gérer le pays sans état d’âme en réponse à leur employeur. Nous les avions qualifiés de «mercenaires», sans l’intention de les vexer mais sans état d’âme ni mépris. Pour nous, en effet, un mercenaire est surtout un employé qui exécute mot pour mot la volonté de son employeur et accepte de ne pas discuter de ses ordres pour le fait qu’il ne s’agit pas de tenir compte de ses propres contraintes morales personnelles.
Pourquoi un bilan maintenant ?
L’objectivité de notre exercice, indique l’ancien ministre, peut être brouillée par des intérêts personnels privés ou de groupes. Elle est souvent le reflet de la conscience que l’on a des sentiments exprimés autour de soi, par les compatriotes de différentes couches sociales avec lesquelles on est en contact. Elle peut aussi refléter des rancœurs non contenues, ou des espoirs personnels insatisfaits. Il est donc normal que cet exercice soit l’objet de critiques, elles aussi mues par les mêmes motivations. Pour l’ancien ministre Sylvain Akindes, sa démarche est mue par le fait que des gens s’interrogent sur ses interventions sur les réseaux sociaux. « C’est sur une remarque pertinente d’un ami journaliste que nous nous sommes décidés à rendre publiques ces quelques analyses. Il voulait connaitre les raisons et les objectifs de nos interventions sur les réseaux sociaux. Ils sont simples : réagir pour situer les limites de mon engagement antérieur de 2016. Nous le devons à nos amis, nos lecteurs et à nos adversaires aussi. Nous ferons référence essentiellement aux engagements écrits publiés dans le fascicule »: « Nouveau Départ« .
 


Thursday January 01, 1970